RELEVÉS / IMEC « EXPOSITION SINGULIERS

Pour l’exposition Singuliers à l’Imec, l’historien de l’art et commissaire d’exposition Thierry Davila m’a proposé de créer une pièce spécifiquement pour l’exposition en partant des archives présentées (archives issues de trois collections, celle de la fondation Bodmer, de l’IMEC et du MAMCO). Le résultat est une longue pièce graphique intitulée Relevés composée d’une série de 24 dessins intitulée Notes et d’un grand format en 12 parties A3* intitulé Cartographique. Ces deux parties peuvent, et ont été depuis, présentés séparément.

*depuis le dessin est composé désormais de 16 parties A3.

Relevés Création pour l’exposition Singuliers, abbaye d’Ardenne – IMEC (Commissariat :Thierry Davila). Brou de noix, aquarelle, feutres sur papier (12 feuilles de format 29,7 x 42 cm et 24 feuilles de format 15 X 21 cm) et sérigraphie murale à l’encre noire de 950 X 220 cm. 2022
Relevés (vue d’ensemble de l’exposition Singuliers à l’Imec). Création pour l’exposition Singuliers, abbaye d’Ardenne – IMEC (Commissariat :Thierry Davila). Brou de noix, aquarelle, feutres sur papier (12 feuilles de format 29,7 x 42 cm et 24 feuilles de format 15 X 21 cm) et sérigraphie murale à l’encre noire de 950 X 220 cm. 2022

La longue composition graphique (elle avoisine les dix mètres) qu’il a réalisée pour la salle d’exposition de l’Imec joue avec cet ensemble de données. Elle se compose d’une partie centrale faite de douze dessins de format A3 parcourus de lignes tracées au brou de noix, à l’aquarelle bleue ou encore de textes écrits avec des stylos feutre très fins. Une vaste fresque graphique en résulte qui semble être comme la cartographie d’un continent utopique constitué de signes, de traces et de couleurs dont chaque partie s’ajointe à une autre d’une manière très organique, selon la logique propre à l’avancée du dessin. Des œuvres écrites et des schémas issus du catalogue de l’exposition Singuliers dans sa version antérieure y sont partiellement repris. Ce travail est encadré par deux blocs de lignes constituées par des images du site de l’abbaye d’Ardenne arpenté par Nicolas Aiello et par celles des archives de l’Imec qu’il a pu consulter : il s’agit d’une promenade visuelle mise en page, comme pour un cahier ou un carnet imprimé, mais d’une manière exagérée. Enfin, un alignement de vingt-quatre dessins aux formats identiques, qui sont autant de notations rapides, de traces laissées par des pinceaux sur la feuille, de taches issues du travail et déposées sur le papier, constitue l’ultime élément de cette fresque. Cette œuvre, qui joue avec le monumental et le quasi microscopique, est ainsi comme la mise en espace graphique de l’exposition : y résonnent d’une manière frappante le signe et la trace qui en sont le principe actif.

Texte de Thierry Davila, conservateur au MAMCO – Genève et commissaire de l’exposition Singuliers, abbaye d’Ardenne.