AL POMODORO

Dispositif : Odeur de sauce tomate cuisinée mijotant sur plaque chauffante diffusée par le conduit d’aération de la galérie.
2002 / 2006

« Ces odeurs d’art sont des métaphores délicieusement ironiques des sculptures et des tableaux destinés à provoquer un apaisement des tensions générées par la vie et ses difficultés ou à discrètement émoustiller les sens. En outre, elles occupent non seulement l’espace du white cube, mais plus précisément encore ce qui en fait l’essence, les cimaises immaculées, désodorisées…»
« … Nicolas Aiello se montra moins bien élevé ou moins consensuel lorqu’il réalisa Al pomodoro … Elle (l’oeuvre) repose sur une idée simple. Une odeur de sauce tomate mijotant à feu très doux est diffusée dans l’espace. À Grenoble, Nicolas Aiello avait profité de la présence d’un conduit d’aération pour installer son réchaud dans une pièce proche de la salle d’exposition. À Fontaine, il fit construire le long d’un mur une fausse colonne imitant celle qui se trouvait au centre de la galerie. Une trappe permettait de surveiller et une bouche d’aération laissait échapper l’odeur. Ainsi rien n’était visible, mais les relents de la sauce italienne cuisinée selon une recette familiale étaient parfaitement perceptibles.»

Extraits du texte de Denys Riout dans les Cahiers du MNAM (Centre Pompidou), numéro 116 (été 2011) et dans « Porte closes et œuvres invisibles » de Denys Riout (Édition Gallimard).

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EXTRAITS D'AL POMODORO

Ensemble de bocaux de conserves avec étiquettes sérigraphiées. 
2007 – 2013

Le protocole de cette pièce invite des personnes rencontrées par l’artiste à respirer une odeur de cuisine et à formuler, en une seule phrase, l’image mentale ou le souvenir qu’elle suscite. Ces évocations personnelles sont retranscrites sur des étiquettes apposées sur des bocaux de conserve, chacun scellant une part de cette empreinte olfactive.
Créé initialement pour une exposition à l’école HEC, le projet questionnait par sa forme les mécanismes du marché de l’art et de la propriété. L’acquéreur d’une œuvre fait face à un dilemme conceptuel : ouvrir le bocal pour faire l’expérience physique et éphémère de l’odeur au risque de la laisser s’échapper, ou la maintenir scellée, n’en conservant alors qu’une connaissance indirecte à travers le récit d’un tiers.

Lors de son exposition personnelle en 2013, la pièce s’est déployée sous une forme participative et contextuelle. Une recette de l’artiste a été confiée au chef d’un restaurant faisant face au centre d’art pour un déjeuner précédant le vernissage.
Au cours du repas, les convives ont été invités à se rendre en cuisine pour capturer l’odeur dans leur propre pot, à y inscrire leur évocation, puis à amorcer une marche collective vers le centre d’art pour installer librement leur bocal annoté au sein de l’espace d’exposition.