CODES DESSINÉS : NOTATIONS URBAINES, ÉCRITURES INTIMES – FRAC PICARDIE, 2025

Une exposition en deux volets au Frac Picardie et à la Maison de la Culture d’Amiens

Curator : Joana P. R. Neves – Avec Nicolas Aiello, Isabelle Ferreira, Violaine Lochu, Marianne Mispelaëre, Chloé Vanderstraeten.

Du 01.03.25 au 14.06.25

3 dessins de Amorces sur le Wall paper Damisch / Schapiro, Frac Picardie, 2025.
Accrochage à la Maison de la Culture d’Amiens, 2025
Neige, Schapiro/ Box 52 et After Warburg sur le Wall paper Damisch / Schapiro, 2025.
La série de dessins Notes, Frac Picardie, 2025
Amorces 5 Encre sur papier 24 X 32 cm, Frac Picardie, 2023 (Collection D. Païni)

À la Maison de la culture d’Amiens :

Codes dessinés : Notations urbaines, écritures intimes

La notation est l’action de représenter à l’aide de signes, entre dessin et mot écrit ; on y a recours lorsque le langage verbal ne convient pas. Les mathématiques, la physique, la danse, la phonétique sont autant de champs qui emploient des notations aussi belles que mystérieuses pour ceux qui ne maîtrisent pas leurs codes. Dans le domaine des arts performatifs, la notation représente souvent le mouvement physique ou même sonore. En revanche, à un niveau personnel, les écritures codées sont souvent secrètes. Les adolescent·x·e·s inventent des écritures confidentielles forgeant ainsi des communications fortuites. À l’ère de l’écriture inclusive, force est de constater que le langage n’est pas toujours à la hauteur de nos désirs. Les artistes s’emparent souvent de la notation pour la réinventer, se concentrant sur son potentiel poético-visuel, voire même révolutionnaire. Jacques Villeglé a créé son « Alphabet Socio Politique » (entamé en 1969) s’inspirant de notations urbaines, de graffitis et de symboles de révolte amalgamés. En revanche, nous pouvons aussi revisiter certaines œuvres dites abstraites comme de la notation. Celle-ci devient aussi un outil pour apprécier des œuvres différemment. Joana P. R. Neves

Détail de Schapiro – Box 52 sur le Wall paper Damsich/ Schapiro

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DRAWING ART HISTORY – GENIA SCHREIBER ART GALLERY, TEL-AVIV UNIVERSITY, 2023

Drawing Art History, (Curators : Tamar Mayer & Jérémie Koering), 2023.
Notes on Notes
Composition murale réalisée pour l’exposition composée des dessins : Schapiro – Box 52, After Warburg (fragements sur l’expression), Cher Meyer et du papier peint Damisch/Schapiro Wall paper.
Genia Schreiber Art Gallery, Tel-Aviv, 2023
Gros plan à la loupe sur le dessin After Warburg (fragments sur l’expression), 2023

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SINGULIERS – IMEC, ABBAYE D’ARDENNE, 2022

Des pièces exceptionnelles : les ratures tumultueuses d’Arthur Schopenhauer, les collages de William S. Burroughs, les sommaires d’Isaac Newton, le petit album fabriqué par Gisèle Freund, les carnets saturés de couleurs de Julije Knifer…

Des feuillets reliés, couturés, des cahiers bricolés, de minutieux pliages, de méticuleux alignements. Pourquoi cette papeterie, pourquoi ce soin ? Dès ses premières esquisses l’écriture pense au livre, tend au livre. Dans sa pulsion, la création prend la forme d’un corps intempestif, singulier qui raconte à sa façon l’attente de partage qu’incarne le livre.

Avec Singuliers, ces pièces exceptionnelles se rencontrent et offrent à ceux qui les regardent la mesure du temps, de la pensée et de l’émotion.

Thierry Davila, commissaire de l’exposition

Avec les prêts du MAMCO de Genève, de la Fondation Martin Bodmer et de prêteurs privés.

Les relevés
Composition murale : 24 dessins (au brou de noix, aquarelle, feutres sur papier de format 14, 5 X 21 cm) et un grand dessin (89, 1 X 168 cm ) en12 parties (chaque partie fait 29,7 x 42 cm) posés sur une sérigraphie murale à l’encre noire de 950 x 220 cm. 950 x 220 cm 2022 Création pour l’exposition Singuliers, abbaye d’Ardenne – IMEC

« La longue composition graphique (elle avoisine les dix mètres) qu’il a réalisée pour la salle d’exposition de l’Imec joue avec cet ensemble de données. Elle se compose d’une partie centrale faite de douze dessins de
format A3 parcourus de lignes tracées au brou de noix, à l’aquarelle bleue ou encore de textes écrits avec des stylos feutre très fins. Une vaste fresque graphique en résulte qui semble être comme la cartographie d’un
continent utopique constitué de signes, de traces et de couleurs dont chaque partie s’ajointe à une autre d’une manière très organique, selon la logique propre à l’avancée du dessin. Des oeuvres écrites et des schémas
issus du catalogue de l’exposition Singuliers dans sa version antérieure y sont partiellement repris. Ce travail est encadré par deux blocs de lignes constituées par des images du site de l’abbaye d’Ardenne arpenté par
Nicolas Aiello et par celles des archives de l’Imec qu’il a pu consulter : il s’agit d’une promenade visuelle mise en page, comme pour un cahier ou un carnet imprimé, mais d’une manière exagérée. Enfin, un alignement
de douze dessins aux formats identiques, qui sont autant de notations rapides, de traces laissées par des pinceaux sur la feuille, de taches issues du travail et déposées sur le papier, constitue l’ultime élément de cette
fresque. Cette oeuvre, qui joue avec le monumental et le quasi microscopique, est ainsi comme la mise en espace graphique de l’exposition : y résonnent d’une manière frappante le signe et la trace qui en sont le principe
actif. »
Texte de Thierry Davila sur ma pièce « Les relevés » pour le catalogue de ll’exposition Singuliers, IMEC.

Singliers, IMEC archives, 2022
Les relevés (détail), 2022
Relevés
Composition murale : 24 dessins (au brou de noix, aquarelle, feutres sur papier de format 14, 5 X 21 cm) et un grand dessin (89, 1 X 168 cm ) en12 parties (chaque partie fait 29,7 x 42 cm) posés sur une sérigraphie murale à l’encre noire de 950 x 220 cm. 950 x 220 cm 2022 Création pour l’exposition Singuliers, abbaye d’Ardenne – IMEC
Les relevés (détail), 2022
Julije Knifer et Arthur Schopenhauer
Relevés et Peter Downsbrough

 » Autre fait frappant, à mon sens, dans l’esthétique de l’exposition : tous les objets sont présentés à l’horizontale dans des vitrines plutôt que verticalement, à l’exception de quatre œuvres, accrochées comme des frises contournant la salle d’exposition (le carnet de Jacques Derrida contenant des citations de Friedrich ­Hölderlin, les livres d’artistes d’Etel Adnan, l’œuvre Relevés faite sur commande par Nicolas Aiello et l’œuvre Cahier Clairefontaine par Yann Sérandour). Qui plus est, la quasi-totalité des œuvres est mise à plat : les feuilles ne gondolent pas et seulement les plus anciens volumes, provenant majoritairement de la Fondation Bodmer, sont présentés sur des supports en V, pour des raisons de conservation. Aux yeux de Pierre Clouet, le plan horizontal n’est pas seulement une réminiscence de l’espace de travail, mais favorise également une lecture superficielle, c’est-à-dire une lecture de l’objet en tant qu’image. En effet, cette esthétisation, par la mise à plat et l’effacement visuel des supports techniques, confère une certaine aura aux objets.

Cette réflexion sur la plasticité de l’écriture résonne remarquablement avec le travail de Nicolas Aiello, raison pour laquelle Thierry Davila l’a invité à créer une œuvre pérenne in situ. Comme une page double agrandie sur le mur de droite de la salle d’exposition, sa proposition Relevés (fig. 4) se compose de centaines de petites photos en noir et blanc, qui représentent des pièces d’archives et des prises de vue de l’abbaye. Traversé par des dessins évoquant la cartographie d’un continent et par un assemblage de vingt-quatre retranscriptions graphiques et subjectives des pièces présentées dans la salle d’exposition, l’ensemble forme une calligraphie visuelle spectaculaire. Le visiteur, en se positionnant légèrement à distance, distingue clairement l’alignement d’un texte, avec des paragraphes, des blancs – autrement dit, des modalités de mise en page que nous observons quotidiennement –, mais une fois devant l’œuvre, il constate que le prétendu texte est illisible, car entièrement composé d’images. Tout comme Marcel Broodthaers avec son ouvrage Un coup de dés jamais n’abolira le hasard (1969), Nicolas Aiello élève ici la structure du texte à un objet digne d’être exposé.

Comme nous le fait comprendre le travail d’Aiello, nous sommes tous hantés par les codes du monde éditorial au point de les avoir intériorisés dans toute forme d’écriture, et toute déviation paraît surprenante. ­Nathalie Léger, directrice de l’Imec, se questionne également sur ce point dans le dossier de presse de l’exposition : « Pourquoi cette papeterie, pourquoi ce soin ? Dès ses premières esquisses l’écriture pense au livre, tend au livre. Feuillets reliés, couturés, cahiers bricolés, minutieux pliages, soigneux alignements, pagination, index : l’imaginaire du texte, c’est toujours le livre. À chaque fois, un corps est là, intempestif, singulier. Il raconte à sa façon l’attente ou le rêve de partage qu’incarne le livre. » (Léger, 2022 : s. p.) » Critique de Camille Van Vyve dans la revue Culture & Musées, 2022.

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IMPRESSIONS / EXPOSITION PERSONNELLE – FONDATION MICHALSKI, MONTRICHIER, SUISSE

Impressions, Nicolas Aiello, 2021 (Image Wiktoria Bosc)

Présentée à la bibliothèque de la Fondation Jan Michalski, l’exposition Nicolas Aiello. Impressions regroupe un ensemble d’œuvres de l’artiste, du dessin à la gravure en passant par la sculpture ou le film d’animation. La part belle est donnée à la question de l’image imprimée et à son processus de création en lien avec les diverses techniques d’impression.

Cette exposition est également l’occasion d’inaugurer une œuvre pérenne in situ, de découvrir la «bibliothèque dans la bibliothèque» proposée par Nicolas Aiello et de réaliser sa propre estampe à partir de l’œuvre Écart / tracÉ, librement à disposition.

Neige et Prospectus dans l’exposition Impressions, 2021
Vernissage de l’exposition Impressions, Fondation Michalski, 2021
Lettre de motivation, Prospectus et 9 avril 2013 dans l’exposition Impressions, Fondation Michalski, 2021
Inauguration de la sérigraphie sur verrière pérenne Michalski.rtf, durant le vernissage de l’exposition Impressions, Fondation Michalski, 2021
Écart / tracÉ, exposition Impressions, Fondation Michalski, 2021
Deux gravures du portfolio 9 avril 2013, Fondation Michalski, 2021.

Carton de l’exposition Chamboulement, Galerie C, Neuchâtel, Suisse.
Accrochage, exposition chamboulement, Galerie C, Neuchâtel
Archipels (n•3) Encre sur papier 29,7 x42 cm 2018
Nicolas Aiello, Mathieu Dufois et Massinissa Selmani