Les copies

“ En 1997, Robert Morris a réalisé une estampe intitulée Land Fill II qui consiste en un report de fragments d’un article rédigé par l’artiste pour le journal Art in America, recouvert ensuite d’un passage d’une plaque en acier travaillée avec de l’encre de photocopieur. L’écriture visant à la médiatisation du travail de Morris devient motif iconographique d’une image complexe et considérablement brouillée. Le texte est illisible mais demeure perceptible dans un magma de matière chaotique. Respectant lui aussi le texte source mais en vue de le faire disparaitre par la manière de l’appliquer sur la feuille, Nicolas Aiello propose dans Le Monde, 27 juillet 2010 d’ écrire chaque mot présent dans le journal dans un espace correspondant au format du journal. Comme en partie dans l’oeuvre de Morris, le dessin consiste intégralement en une profusion de mots raccrochés
les uns aux autres de manière aléatoire jusqu’à la saturation de la page. Les messages délivrés ne sont plus compréhensibles. Les informations développées par le « quotidien de référence » sont perdues au pro »t d’une chaîne de lettres qui déterminent des lignes plus ou moins densément remplies. De nouveau, un rythme apparait. Celui qu’impose le travail de prélèvement et de report des informations. Mais également le rythme induit par les dimensions contraintes de la feuille du journal qui sert de référence et qui implique à un certain moment d’écrire par-dessus, de superposer des ensembles de signes qui sont issus d’articles très différents dans le journal original. Ce dessin implique une forme d’engagement vis-à-vis des $ots d’actualités qui se déversent à chaque instant sur la société contemporaine et lui impose également un rythme d’évolution.”


Extrait d’un texte de Gwilherm Perthuis dans la revue Hippocampe à propos de mon dessin Le Monde, le 27 juillet 2010.