Archipels

 » La série des Archipels se trouve ainsi à l’intersection de diverses catégories de lignes et font état de leur confusion dans l’histoire du regard. Les effets de ronde-bosse qui s’y développent invitent également à penser au motif des lignes de la main, rappelant le plissé de la peau, ou les courbes enroulées des empruntes digitales, thème que développe la série Square Beethoven, où des lignes d’écritures se superposent aux photographies des paumes de l’artiste. La ligne du dessin qui inscrit un mouvement sur la feuille, recoupe ici la ligne du destin censée être écrit dans la main, et la ligne du dessein inscrit dans le suivi de la démarche artistique. L’attention du dessinateur, portée à la pointe du tire-ligne, suppose une avancée lente qui fait du parcours de chaque tracé une aventure à l’échelle de ses sillages. Ces parcours minuscules racontent également une histoire. Ce ne sont pas des lignes droites, tendues par la volonté à travers l’espace blanc de la feuille, ou conduit par quelque décision rationnelle : ce sont des lignes qui suivent les voies de celles qui les ont précédées, modifiant insensiblement leurs trajectoires, de génération en génération, comme avance la tradition. Elles restent groupées, serrées organiquement les unes aux autres, faisant masse pour envahir les vides, pour se confronter aux grandes étendues d’espace vierge et occuper progressivement les terrae incognitae de la page. Ce sont aussi des lignes accidentées, des parcours suivis en pointillés qui, pour faire image, présentent des successions d’atermoiements, s’adaptant aux aléas de leurs propre cheminement. »

Extrait d’un texte de Norbert Godon sur mon travail publié dans la revue L’évolution psychiatrique (à paraître), 2020.

Archipels Nicolas Aiello dessin
Archipels Nicolas Aiello
Archipels Nicolas Aiello
Archipels Nicolas Aiello
Archipels Nicolas Aiello
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Archipels Nicolas Aiello
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Archipels #2
Archipels #4