Tout comme pour la série Strata ou Archipels, chaque dessin de cette série commence de la même manière. la répétition d’une ligne.
Je trace une ligne en effleurant le papier. Puis je tente de suivre la première ligne par une autre, puis une autre, puis une autre, puis encore une autre, … Se créent alors des territoires graphiques et énigmatiques insoupçonnés.
Dans ces dessins, la mémoire y est évoquée par le tracé de lignes. Il peut renvoyer à un monde végétal réinventé et évoqué par le geste de la main. Dans ces dessins, on peut, peut-être, y voir un ensemble de lichens ou la coupe d’une roche, une cavité rocheuse ou une cartographie imaginaire.
Par le fait de tracer, de suivre la ligne précédente, de répéter ce geste, se créent des mondes dont je n’ai aucune idée de la forme qu’ils prendront. Le résultat apparait sous mes yeux, ces mondes évoquent la nature et sa construction dans les strates du temps (lichens, roches, bois, …). Ici, j’inscris ces lignes au brou de noix. Le brou de noix inscrit également le temps par la couleur. En effet, les pigments, qui s’empâtent avec le temps, créent une couleur plus sombre (par les heures qui passent à travailler à l’atelier mais aussi par la chaleur de l’été ou par le froid de l’hiver, le climat agit directement sur la couleur du dessin). La couleur marque le temps (par exemple, lorsque je travaille le matin, la couleur est plus claire et plus j’avance dans la journée, plus le brou de noix s’empâte, la couleur devient plus sombre). La couleur du dessin témoigne aussi de ce temps de création.








