» Cette réflexion sur la plasticité de l’écriture résonne remarquablement avec le travail de Nicolas Aiello, raison pour laquelle Thierry Davila l’a invité à créer une œuvre pérenne in situ. Comme une page double agrandie sur le mur de droite de la salle d’exposition, sa proposition Relevés se compose de centaines de petites photos en noir et blanc, qui représentent des pièces d’archives et des prises de vue de l’abbaye. Traversé par des dessins évoquant la cartographie d’un continent et par un assemblage de vingt-quatre retranscriptions graphiques et subjectives des pièces présentées dans la salle d’exposition, l’ensemble forme une calligraphie visuelle spectaculaire. Le visiteur, en se positionnant légèrement à distance, distingue clairement l’alignement d’un texte, avec des paragraphes, des blancs – autrement dit, des modalités de mise en page que nous observons quotidiennement –, mais une fois devant l’œuvre, il constate que le prétendu texte est illisible, car entièrement composé d’images. Tout comme Marcel Broodthaers avec son ouvrage Un coup de dés jamais n’abolira le hasard (1969), Nicolas Aiello élève ici la structure du texte à un objet digne d’être exposé. Comme nous le fait comprendre le travail d’Aiello, nous sommes tous hantés par les codes du monde éditorial au point de les avoir intériorisés dans toute forme d’écriture, et toute déviation paraît surprenante. « 

Extrait d’une critique de l’exposition Singuliers par Camille Van Vyve dans la revue Culture & Musées (N°43), 2023.Pour retrouver la totalité de l’article sur l’exposition Singuliers à l’IMEC (cliquez ici)